juin 8, 2016

SILAT

Le pencak-silat (prononcé « pènechak-silate« ) est un art martial d’origine Indonésienne. C’est une combinaison de deux des courants principaux d’arts martiaux, sports de combat et disciplines associées présents en Indonésie, le pencak présent à Java, Madura et Bali et le silat de Sumatra. Ce dernier ne doit pas être confondu avec le silat au sens générique désignant les arts martiaux pratiqués aux Philippines, au Brunei, en Malaisie, à Singapour, dans le sud de la Thaïlande et plus généralement dans le monde malais et l’Insulinde.

La pratique du silat et du pencak se caractérise par un grand nombre d’écoles ou aliran, littéralement « courants ».

 

Histoire

La combinaison de pencak et de silat a été faite la première fois en 1948 lors de la création de la première fédération nationale, la fédération indonésienne de pencak silat : l’Ikatan Pencak Silat Indonesia (IPSI). Pencak silat est depuis le terme officiel pour désigner l’art de combat des peuples Malais.

On constate que le silat n’existe pas dans la tradition balinaise, même si Bali possède une tradition d’arts martiaux qui est le pencak. En revanche, d’autres régions d’Indonésie, notamment le sud de l’île de Sulawesi, ont une tradition de silat.

En pays minangkabau, dans la province de Sumatra occidental, silat se dit silek. La richesse, en langue minangkabau, du vocabulaire lié au silek, permet de penser que c’est dans cette région que l’art martial est apparu.

Par ailleurs, jusqu’à très récemment, n’étaient admis dans de nombreuses écoles traditionnelles de pencak-silat que les personnes de religion musulmane.

Enfin, on ne connaît pas à ce jour de sources solides relatives au silat et au pencak antérieures au xviiie siècle, époque à laquelle la diffusion de l’islam dans l’archipel est déjà à un stade avancé, du moins dans les régions portuaires.

Ces faits permettent de supposer que le développement du silat et du pencak est lié à cette diffusion de l’islam.

Deux éléments différencient le pencak-silat de la plupart des autres arts martiaux asiatiques, du moins du karaté japonais et du taekwondo coréen.

La première est l’existence d’une forme dansée du silat, que dans certaines régions d’Indonésie on appelle bunga (« fleur »), accompagnée d’une musique exécutée avec des instruments traditionnels. Une explication de l’origine de cette forme est l’interdiction imposée par les autorités coloniales hollandaises au xixe siècle, de pratiquer les arts martiaux. Les formes dansées seraient donc, à l’origine, une façon de dissimuler la pratique des arts martiaux, comparable à la capoeira brésilienne.

Inversement, on constate que de nombreuses formes de danse, notamment à Java et Sumatra, intègrent des éléments des arts martiaux, y compris dans des cas où la dimension martiale semble totalement étrangère, comme dans des danses liées aux rites de fertilité et aux récoltes.

La deuxième différence est la dimension rituelle et religieuse du silat.

Par ailleurs, certaines écoles de silat et de pencak se fondent sur l’utilisation de ce qu’on appelle la tenaga dalam, l' »énergie intérieure », qui n’est pas sans analogie avec le qi chinois et le kijaponais.

Les styles suivant les régions sont fortement influencés par les animaux.

Aujourd’hui, il existe un nombre incalculable de styles puisque chacun a la possibilité de créer le sien dans le but de développer la discipline.

Toutefois, on retrouve dans tous les styles les mêmes bases.

Le silat

Le silat possède les 3 éléments de base de tout art martial asiatique :

  • Les techniques de base,
  • Les enchaînements réglés de techniques produisant un combat imaginaire, appelés jurus,
  • Le combat proprement dit (avec son corrélat moderne, la compétition).

La pratique

Le silat est traditionnellement pratiqué sous une forme de combat rythmique avec des armes, des bâtons ou à mains nues. Il s’agit d’un exercice stylisé basé sur des séries d’enchaînements (ou « drills ») codifiés appelés jurus. Les formes animales sont très importantes dans le Silat, et celles-ci sont réunies sous le nom de langkah, qui désigne les positions et les mouvements nécessaires à la pratique martiale. Ainsi, le langkah Dua (« deux ») est une position d’attente et le Tiga (« trois ») est une position de garde. Les langkah proposent ainsi un vaste répertoire d’attaques, de parades, et d’esquives. C’est le choix de certaines formes, par rapport à d’autres, qui détermine spécifiquement chaque école de silat.

En règle générale, l’apprentissage consiste à mémoriser une série de langkah de base, décomposés et répétés sous forme de drills. Cette première phase élémentaire se concentre sur la maîtrise d’une position stable. La seconde phase est purement défensive et l’élève apprend à parer et éviter toutes sortes d’attaques des membres supérieurs. La troisième phase se concentre sur l’usage exclusif des jambes : déplacement et attaque. En phase quatre, l’élève apprend les parades et les esquives contre les coups de pied. En phase cinq, il apprend à varier ses positions en ripostant à partir d’une posture très basse. Cette pédagogie de base sera ultérieurement complétée par des techniques de clés, fauchages, projections, par l’apprentissage des armes et d’une douzaine de frappes appelés «rahasa». Le niveau supérieur consiste en un travail particulier de « danse polémique » où le pesilat doit apprendre à utiliser et placer efficacement ses techniques martiales. – Source